AU NOM DU PERE, DU FILS ET DU SIMPLE D'ESPRIT
Bon sang ne saurait mentir, en arabe l’équivalent pourrait être : « kheyrou khalaf li kheyrou salaf ». C’est une locution proverbiale qui veut à peu prés dire que les qualités des parents se retrouvent chez les enfants. Sommes-nous vraiment les dignes fils de nos pères ? Reconnaissons-nous vraiment les sacrifices et les efforts qu’ils ont du consentir pour qu’on soit là aujourd’hui à profiter de toute cette technologie ? Souvenez-vous et revenez un peu en arrière ! L’Algérie était alors sous domination coloniale, la vie dans le monde rural était rude, la seule façon de survivre était liée au travail de la terre, avec des moyens traditionnels qui remontent à la nuit des temps. Le labour se faisait à l’aide d’animaux de trait. On appelait cela « EL DJABDA » qui comprend l’ensemble animaux et attelage et désigne aussi une superficie de terre labourable entre 12 et et nous donnait, à nous enfants, un apaisement et une confiance toute rassérénée. Voir nos parents quotidiennement dans des attitudes de dévotion et de prière, nous amenait à croire instinctivement en quelque chose de grand et puissant qui veillait sur nous. Au printemps c’est presque la récréation, la nature devient plus clémente, avec le soleil si doux, le paysage qui se recouvre d’un joli manteau de verdure et le ciel tout bleu. Le temps est à l’optimisme et à la convivialité. Ce qui pousse les gens à se lâcher un petit peu et à pratiquer des jeux de sociétés de toutes sortes. La préparation des « brajes » se sent dans toutes les maisons et on en consomme jusqu’à l’overdose. C’est le plat typique de la saison avec le « r’fiss bel foul ». C’est le temps du « mermez » et du « frik » aussi, que l’on préparait pour le consommer sur le champ par pleine poignée. La chorba frik alors, connais pas. « W’yatba3 errabi3 siffo » a dit Farid El Atrache. Effectivement après le printemps c’est l’été et son lot de besognes. C’est l’aboutissement du travail de toute l’année, la moisson est là et il faut en tirer les dividendes. Avec la chaleur c’est assez dur, mais tout le monde y va avec détermination. La « T’bainta » bien serrée, la « M’dalla » par-dessus le « cheich » sur la tête et la faucille (Mendjel) à la main, le fellah doit assurer, même par temps caniculaire. Tout se faisait manuellement : couper, nouer et jeter derrière soi. Le tout avec une dextérité extraordinaire. Après ça sera l’assemblage, des poignées nouées, des épis de blé ou d’orge pour en faire des tas répartis à travers le champ, qui seront eux-mêmes transportés à dos de mulets, dans des filets (chebka) savamment serrées, jusqu’à l’aire de battage.
A suivre