INDEPENDENCE DAY A GRAREM
Rassurez-vous ce n’est pas un remake du film de Roland Emmerich qui se rejoue à Grarem. Il n’y a aucun vaisseau spatial ni extraterrestre au-dessus de nos têtes. Je voulais juste rappeler qu’aujourd’hui c’était le 46eme anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et que comme partout ailleurs à travers le pays ça a donné lieu à des cérémonies de recueillement et de souvenirs. Mais il est regrettable de constater que d’année en année, avec la disparition progressive et inéluctable des anciens moudjahidine, le nombre de participants à ces cérémonies se réduit comme peau de chagrin. Pour ceux qui n’ont pas vécu la liesse de 1962, ils ne pourront pas comprendre. Là c’était spontané, pas besoin de battre le rappel, les gens affluaient de partout, personne ne voulait rater ce moment historique. J’étais encore un enfant alors, mais j’y ai participé, je venais de terminer la 1ere année de cours préparatoires (souvenez-vous pour ceux de ma génération : cours préparatoires 1 et 2, cours élémentaires 1 et 2 et cours moyens 1 et 2= la 6eme) et je passais à la 2eme année. Les enseignants étaient pour la plupart des français la 1ere année, après il n’en est restée qu’une : Marie (Rabah va encore dire que je fais de la digression). Enfin bref ! Moi qui ai participé aux festivités de 1962, je peux vous assurer que c’était autre chose que ce qu’on voit aujourd’hui. J’en garde d’ailleurs, paradoxalement, un souvenir assez douloureux, car en voulant monter dans un camion, je n’ai pas pu y arriver car c’était trop haut, et alors quelqu’un qui était déjà dans le véhicule a pris ma main tendue et m’a tiré d’un geste brusque, et bonjour la douleur au coude et à l’omoplate durant plusieurs jours. Sur le coup je n’ai même pas eu une grimace, de peur qu’on me redescende. On a été jusqu’à la mer (El Djenah) et retour par El Milia. L’ambiance était indescriptible, c’était la première fois que je voyais ETTBOUL WA L’GHAÏTA.
Maintenant il m’arrive de me demander si vraiment à ce moment il y’avait des gens, mal intentionnés, qui ont en profité ? Avaient-ils l’esprit à profiter de l’opportunité pour s’approprier des choses ? (Biens vacants ou autres). D’ailleurs dans l’un de mes articles précédents, je me posait la question de savoir s’il y’avait alors une autorité pour organiser les choses et assurer la transition. Mais comme on dit chez nous : «ENNASS M3A NNASS OUEL KATT M3A RAS ». 