Siliana était un beau petit village de la commune de Grarem sur la RN 27 reliant Jijel à Constantine. Centre de colonisation crée en 1883, il tire son nom probablement de la mechta qui se situe à quelques 400 m du coté nord, au flanc de remparts escarpés d’une déclivité montagneuse, appelée aussi Sidi Mezzad ou Mezdad en l’honneur du saint homme dont le mausolée se trouve toujours au même endroit, tout prés d’une fontaine publique qui ne tarie jamais. Autour de ce mausolée a été construite une salle de prière qui a été réaménagée récemment, d’une fort belle manière, grâce aux efforts des habitants de la localité. La fontaine publique a été aménagée également par l’association Nour Beni Haroun en utilisant des matériaux locaux qui ont fait qu’elle soit intégrée parfaitement à l’environnement naturel. Ce qui est le but justement de l’association du docteur Boukezzoula.
Le village crée pour les colons était bien structuré et comportait, comme tout centre de colonisation, des lots urbains, des lots de jardins et des lots de vigne. Tout autour des terres à haute valeur agricole, surtout en céréaliculture, occupaient et faisaient vivre la majorité des habitants. Du moins jusqu’à l’indépendance. Sa proximité avec Grarem, chef lieu de commune dont il a toujours été rattaché, a fait que mis à part une école, il n’y avait aucun autre équipement public. Mais de cette école, surtout après l’indépendance, sont sortis beaucoup de cadres qui sont actuellement actifs un peu partout à travers le monde. La génération post-indépendance surtout se souvient du directeur de l’époque, monsieur Abdelaziz Messaoud, comme d’un personnage hors du commun et qui fait que chaque fois que 2 camarades de cette génération se rencontrent, ils ne peuvent s’empêcher d’en parler avec respect. Après son départ en 1968, il a fait carrière dans l’hôtellerie étatique de haut standing (directeur de l’hôtel Cirta entre autres). Il est actuellement en retraite et il lui arrive parfois de s’arrêter à Siliana. En rencontrant ses anciens élèves c’est toujours l’accolade franche et spontanée.
Après l’indépendance, Siliana qui a reçu le nom du chahid Anouche Ali, a subi un flux migratoire positif permanent qui continue jusqu’à ce jour. Cette migration provient surtout des mechta avoisinantes : Tadrar, Sidi Mezzad, Cherarou, Sibari, Lemhasnia, Lem3azel, Ain Lekbira, El Badsi, Guesres, Har Djellal mais aussi de Zouagha, Bouachra, M’zalmat, Ouled Yahia, Ouled Rabah, Boutouil, Sidi Maarouf, Boulbazil et autres. Toute l’urbanisation conséquente à cet exode s’est faite d’une façon informelle, alors vous imaginez l’anarchie. En y entrant, on ne voit plus qu’un conglomérat de béton et de brique bati n’importe comment, parfois au dépend de la voie publique. Après la modernisation de la RN 27, à la fin des années 80, et sa transformation en voie expresse contournant Siliana par l’est, le village, par manque d’entretien et son délaissement par les autorités publiques, a commencé à perecliter petit à petit, jusqu’à devenir un bourg où il fait mal vivre, parce qu’il a accumulé tous les désagréments des zones urbaines sans en avoir les avantages (son charme de petit village étant perdu depuis longtemps déjà). Pourtant étant la seule agglomération secondaire de Grarem, suivant le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU), avec un CEM ouvert durant les années 90, une antenne administrative, une salle de soins et une agence postale fonctionnelles, un stade en cours de réalisation, le gaz de ville pour 2009, l’Internet haut débit par ADSL déjà dans les foyers, donnant directement sur le barrage Beni Haroun (l’eau n’étant plus qu’à 100 m), des jeunes pleins de dynamisme, Anouche Ali ex Siliana pourrait prétendre à un statut plus digne à toutes ses potentialités. Les travaux dans le cadre du barrage ayant quelque peu bouleversés la configuration du village, notamment la réalisation des stations de relevage des eaux usées vers la STEP de Sidi Merouane, l’équipe à la tête de la commune doit reprendre à zéro, d’abord le gaz de ville, l’étude et la réalisation du réseau AEP, l’éclairage public et finir par un aménagement urbain conséquent. C’est le moment ou jamais de redonner à Siliana son charme d’antan, elle le mérite bien. En attendant chers silianéens buvez du Zendjabil et portez-vous bien ! Le reste viendra In challah. Et comme on dit « Eli men seliana i selha oua li men bou3achra yak3ad i bat ! »