GUEDDAFI, APRES BEN ALI ET MOUBARAK, JAMAIS DEUX SANS TOI.
Je me souviens, alors que l’ex président tunisien Ben Ali, venait de prendre la fuite pour l’Arabie Saoudite, Gueddafi, du haut de sa tour d’ivoire de 42 ans de règne sur la Libye, répondait nonchalamment à une chaîne de télévision, que les tunisiens avaient tort et qu’ils ne trouveront pas un président aussi bon que Zine. En se dandinant sur sa chaise et en toisant ses interlocuteurs de haut, les yeux presque fermés, la voix à peine audible, il se croyait invulnérable. Comment donc ! Ses comités populaires, depuis tant d’années, ne passent-ils pas leur temps à crier : « Allah, Maamar ou Libya ou bass » ?
Mais voila que de Tunisie, le vent de la révolte, enjambant la Libye, est passé en Egypte, place Tahrir. Le résultat, on le connait : C’est la chute de Moubarak et de son régime.
Et vint le 17 février et les manifestations en Libye ! Quoi ? Est-ce possible ? Chez Gueddafi ? Le quidam, qui déclarait, à qui veut l’entendre, qu’il n’a plus aucun pouvoir. Qu’il l’avait passé au peuple en 1977, n’a pas continué dans sa logique, en laissant le peuple décider comme il le voulait. Non, il s’est mis à l’exterminer. Par l’aviation, les chars, la marine, les missiles. Ses enfants, élevés pourtant dans les meilleures institutions du monde occidental, où les échos de leurs frasques continuent à résonner, n’ont rien fait pour dissuader leur géniteur de commettre des massacres. Même Saif El Islam, qui s’échauffait sur la touche, pour succéder à son père, a montré son vrai visage. Bon sang (ou mauvais) ne peut mentir. Tel père, tel fils. Toutes les astuces ont été employées par Gueddafi pour se maintenir au pouvoir : Les menaces de guerre civile, le chantage par El qu’aida, par l’émigration clandestine, par des révélations fracassantes sur le président français Nicolas Sarkozy. On a pu voir tous les ingrédients d’un régime retors et criminel. Le scénario pour le génocide de tout un peuple était mis en place et son exécution avait déjà commencé. El djourdane (les rats) seront poursuivis, chibr chibr (centimètre par centimètre), dar dar (maison par maison), bit bit (chambre par chambre), zengua zengua (place par place), jusqu’à assainir le pays de la racaille. Cela se serait passé comme prévu si on était encore aux années 70 ou 80. Mais là on est au 21eme siècle, le temps des nouvelles technologies, du satellite et de l’Internet. Le monde entier regardait ce qui se passait, il devait réagir, et il l’a fait. Le suspens a atteint son paroxysme : Des centaines de milliers d’habitants étaient encerclés, par les troupes de Gueddafi, le conseil de sécurité se réunissait en direct à New York, la place principale de Benghazi était pleine de monde, les yeux rivés aux écrans de télévisions. Au moment du vote, en faveur de la population libyenne, c’est l’éclatement de joie en direct, c’est la liesse. Ouf ! Le pire a été évité. Ce qui va se passer après, seul l’avenir nous le dira.