ENVIRONNEMENT A GRAREM: QUELLE ETAIT VERTE MA VALLEE...DU RHUMEL !
Quid de l’environnement à Grarem ? C’est un sujet anachronique me diriez-vous. Car les graremiens préfèrent courir derrière leur petit pain, plutôt que de s’intéresser à l’environnement qui est plutôt réservé à quelques snobs qui veulent être dans l’air du temps. Pas du tout je vous rétorquerais, car l’environnement est constitué d’éléments vitaux pour l’être humain : C’est l’air qu’on respire, l’eau qu’on boit ou la nourriture qu’on mange. Si par rapport à d’autres villes ou régions d’Algérie, on n’est pas mal placé, n’empêche que la situation n’est tout de même pas des plus enviable. De tout petit village colonial, en 1962, Grarem a subi tous les aléas d’un développement effréné. Le contrecoup d’une urbanisation débridée s’est tout de suite fait sentir. Par contre, du point de vue développement, Grarem n’a pas à se plaindre. D’un petit village tout rabougri hérité à l’indépendance, son développement a été lent à s’amorcer. Il est resté en hibernation pratiquement durant 2 décennies. Durant les années 60 et 70 son image est restée la même. Mis à part quelques retouches apportées ça et là et quelques constructions individuelles venues se greffer à ce qui était considérée comme la périphérie du village, l’environnement à Grarem était intact, par rapport à ce qu’il était avant l’indépendance. La situation n’était pas reluisante, en dehors du carré colonial. Le réseau d’assainissement et d’AEP se limitait au centre du village. L’hygiène du milieu n’était pas reluisant non plus. Les ordures ménagères étaient jetées sur place, dans des petites décharges personnelles appelées « zebbala ». Il n’existait, pour ainsi dire, pas de collecte des déchets solides par un service publics. Grarem était renommé pour ses hordes de chiens qui erraient toute la journée à travers le village à la recherche des os jetés par les vendeurs de brochettes. Quant aux ânes, ils s’en trouvaient à chaque coin de rue. Ce n’est qu’à partir des années 80 qu’un développement significatif a commencé à s’amorcer. Ainsi des projets en matière d’habitat collectifs et individuels (lotissements) et des équipements publics, ont commencé à voir le jour. Une frénésie en matière de constructions informelles est également apparue. Face à un exode rural sans précèdent et un manque de moyens flagrant, les pouvoirs publics locaux, n’ont pas pu faire face à la situation. Ainsi on a commencé à voir une dégradation progressive en matière d’hygiène du milieu, des décharges publiques se créent au gré des conducteurs des véhicules de collectes (tracteurs, camions non aménagés) qui les déversent là où ça leur convient. Les signes précurseurs d’un déséquilibre écologique et une atteinte à la biodiversité ont commencé à apparaître au commun des mortels : Ainsi les hirondelles ne font plus le printemps chez nous. Des espèces qui nous étaient familières et qui faisaient partie du paysage ont disparues : où est le « derdrous », l’alouette, le rouge-gorge, le chardonneret, la buse, l’épervier, les aigles, le renard, le porc-épic, le chacal, le lièvre des champs, le « ferkh ben yamoun », etc. En matière de reboisement, seule la forêt de Tadrar, réalisé en 1969 a été une réussite. Malheusement les incendies à répétition ont en fait une forêt qui commence à devenir chauve. Sur le versant sud on peut voir de loin une grande calvitie. Rien n’est fait par les services concernés pour sa réhabilitation. Le barrage de Beni Haroun, réalisé durant les années 90, est venu apporter un changement considérable au paysage de Grarem. De zone située à flanc de montagne, humide en hiver et sèche en été, c’est devenu une zone humide pleine et entière, grâce au lac artificiel formé par le barrage et sur lequel Grarem occupe la première loge avec Sidi Merouane et Siliana. Un bureau d’étude canadien a réalisé une étude pour le compte de l’ANBT en 2006 (TECSULT INTERNATIONAL LIMITED experts-conseils 85, rue STE-Catherine ouest, Montréal (Québec) Canada), intitulée « ETUDE DE LA PROTECTION DU BASSIN VERSANT DU BARRAGE BENI-HAROUN ». Si l’étude venait à être concrétisée, l’aspect de la région va être très amélioré.
Grarem dispose actuellement d’une décharge publique où il y a eu un effort financier qui a été consenti par la commune et par… l’ANBT, mais qui s’est avéré, à l’usage, très insuffisant. Situé au nord de Grarem, à peu prés à 1 km, son emplacement est contesté, mais c’est presque le seul qui convient. Son point faible c’est sa gestion. Elle n’est pas surveillée, les chargés de l’évacuation des ordures les déversent comme bon leur semble. Parfois dehors ou juste à l’entrée. Ce qui obstrue l’accès. L’engin n’est envoyé qu’occasionnellement pour pousser les ordures vers le fond de la décharge. Dans le programme de la direction de l’environnement, Grarem devrait bénéficier d’une décharge contrôlée. Mais pour l’heure c’est le laisser-aller total. Une étude diligentée par la direction de l’environnement a été réalisée par un bureau d’étude privé et présenté au comité technique de daïra où il y a eu des réserves de formulées. L’étude finale n’a pas encore été présentée à ce jour. Cette étude qui se base sur des normes en usage à travers le monde et reconnues par l’OMS le ministère de la santé, implique des dépenses qui ne sont pas à la portée des communes. Ce qui laisse leur réalisation utopique.
En matière d’associations de sauvegarde de l’environnement, s’il en existe quelques unes à travers la wilaya, seule celle du Dr Boukezzoula, Nour Beni Haroun, semble sortir du lot, pour prendre le cheval de bataille, face à un environnement administratif pas toujours coopératif. Cette association, qui a 11 ans d’existence, vient de tenir aujourd’hui, dans la salle des conférences du musée du moudjahid à Mila, son assemblée générale pour le renouvellement de ses instances pour les 5 prochaines années. 5 nouvelles années lance le docteur Boukezzoula à l’assistance, en plaisantant, « où vous me verrez à l’hôpital psychiatrique de Oued Athmania ou vous verrez la situation de l’environnement s’améliorer ! ». Souhaitons lui bonne chance mais surtout bon courage.
VOIR L’ALBUM PHOTO : « RANDONNEES DE L'ASSOCIATION NOUR BENI HAROUN »