CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE A GRAREM
Depuis mon dernier article sur ce blog, que d’eau a coulé sous les ponts venant remplir encore plus le barrage de Beni Haroun, que d’adrénaline est montée, que de nerfs se sont tendus, que de rates se sont dilatées, bref on n’a pas chômé à Grarem, en matière d’émotions, comme partout ailleurs en Algérie.
Pour commencer rappelez-vous l’odyssée d’Oumdorman et le match qui a vu l’Algérie se qualifier pour la coupe du monde, c’était le 18 novembre 2009. Le pont aérien vers Khartoum et la ruée des supporters algériens vers le Soudan. L’accueil merveilleux des soudanais qui a surpris tout le monde. Un peuple ami qu’on a découvert. Par contre on a découvert aussi, hélas, le vrai visage des égyptiens, un peuple et un régime qui relève de la psychanalyse. Le retour de l’équipe nationale après la victoire et la marée humaine qui l’attendait à Alger, c’était tout bonnement extraordinaire, du jamais vu. Quant à nous autres à Grarem, il nous a fallu attendre la disponibilité de Yacine Bezzaz pour lui organiser une réception. Au stade d’abord, puis dans la salle de cinéma, il y’avait foule. Pendant ce temps là la vie à Grarem continuait à s’écouler paisiblement, chacun vaquait à ses occupations pour essayer d’améliorer un temps soit peu sa situation, les riches à s’enrichir encore plus et les pauvres à essayer de s’en sortir. Les brochettes cuisaient sur les mechouas et dégageaient leurs signaux de fumée et d’odeur loin, loin vers les narines alléchées des passants. Les pèlerins sont partis à la Mecque et revenus, nous avons passé l’aïd el kebir, l’achoura, ras el 3am et leurs lots de plats traditionnels. On a eu de la pluie, de la neige sur les hauteurs, mais bien sûr le plat de résistance c’est le soleil. Le paysage a tourné au vert, les narcisses se vendent par bouquet le long des routes, les cigognes ont repris leurs nids, les premières fournées de bradjes ont été déjà consommées. De la coupe d’Afrique on essaie d’oublier le premier match contre le Malawi, un accident de parcours, et le match honteux contre Coffy Codjia. Espérons que notre affront sera lavé à l’occasion du mondial. D’ici là laissons-nous bercer par les vagues du temps qui passe et restons éveillés, car la vie continue.