BAHREÏN: LA PERLE BRISEE

Publié le par El Hiya

Tous les moyens sont bons, pour les régimes dictateurs, pour saper le moral des peuples et briser leur élan. Ainsi en a-t-il été, à Bahreïn, où le peuple en se soulevant a mis sont dévolu sur le rond-point de la place de la perle, pour en faire son symbole, à l’instar de la révolution égyptienne et la place Tahrir. La contestation était bien partie, depuis plus d’un mois et semblait déterminée à en découdre avec le régime despotique des Al Khalifah, dynastie sunnite. Sachant que la majorité à Bahreïn est constituée de chiites à 70%. Après plusieurs jours d’occupation de la place par les contestataires,  le roi Hamad ben Issa Al Khalifah a ordonné l’évacuation des manifestant par la force et la démolition du monument à 6 branches, surmonté d’une perle qui occupait le centre de la place. Les insurgés ne demandaient qu’une monarchie constitutionnelle, un parlement avec une vraie autorité, des reformes politiques et sociales, la libération des prisonniers politiques et autre revendication pour plus de liberté et de démocratie. Mais les choses ont pris une tournure autre qu’en Tunisie et en Egypte. Plusieurs facteurs déterminants sont entrés en jeu, à commencer par le regard, pas du tout complaisant des puissants de ce monde, envers cette révolte à laquelle on soupçonnait un coup de pouce donné par l’Iran. Les contestataires ont bien donné moult arguments pour affirmer le contraire, mais rien n’y fit. Comme dit le proverbe : « Lorsqu’on veut noyer son chien… ». L’Arabie Saoudite, bien qu’à majorité sunnite, voyait cela également d’un mauvais œil, de peur d’une contagion qui s’étendrait sur son territoire. And last but not least, la chaîne Al Djazeera, dont le siège est à Doha à Qatar, aurait été plus que complaisante dans sa couverture des événements à Bahreïn, parce que cet état fait partie du conseil de coopération du golfe, au même titre que Qatar. De ce fait, lorsque Bahreïn a fait appel aux forces de la coalition de ce conseil, appelé « bouclier de la péninsule », pour l’aider à rétablir l’ordre, tous les feux verts ont été donnés. Résultat, on a vu une armada de véhicules blindés flambant neufs, sûrement achetés à coup de milliards de pétrodollars, qui paradaient sur un boulevard de front de mer de plusieurs kilomètres de long. Ces véhicules avaient leurs tourelles ouvertes d’où apparaissaient des soldats qui faisaient le signe de la victoire, face aux cameras des télévisions du monde entier. Une drôle de victoire, qui pourrait plutôt revenir aux fabricants de ces véhicules blindés, qui ont eu un contrat juteux pour leur vente. Ainsi la révolution à Bahreïn a été noyée dans l’œuf. Le royaume peut continuer à organiser les courses de formule 1, les tournois de golf, de tennis et autres manifestations prestigieuses couronnées de prix faramineux.

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