PAS DE SIEGE AU PARLEMENT PAR LA "CHKARA" EN 2012 !

Publié le par El Hiya

ILS SE MONNAIENT À COUPS DE MILLIARDS À L'APPROCHE DES LÉGISLATIVES

Des sièges de députés aux enchères

Par

 

 «Les rendez-vous électoraux impliquent des réseaux de tout acabit, où chacun essaie de placer son candidat».

 

Le pouvoir de l'argent menace les rouages de l'Etat et ses institutions. Il les gangrène de l'intérieur et de l'extérieur. Les lobbies financiers au bras long en sont responsables. Ces sentences ont été même établies aussi bien par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, que par la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune. Ainsi, Ahmed Ouyahia admet, en janvier 2011, que l'Etat est impuissant face aux barons de tout bord. En octobre 2007, M.Ouyahia parlait déjà de la «démission de l'Etat devant les mafias et les lobbies» et accusait le gouvernement Belkhadem d'avoir «cédé devant les groupes de pression et offert le pays aux lobbies et aux mafias». Selon le Premier ministre, ce sont les mêmes lobbies de trabendistes, des seigneurs du marché informel, et la mafia des importateurs qui ont déjoué l'obligation du recours au chèque pour toute transaction au montant supérieur à 500.000 dinars, par la voie de réseaux infiltrés dans l'administration. A cela s'ajoute également le forcing exercé, des semaines durant au seins de l'Assemblée nationale, par certains députés exerçant dans l'importation de la friperie, pour rejeter le projet de loi interdisant l'introduction de ces produits. L'ivresse de la notoriété et des fortunes mal acquises empêche de penser au pays et au citoyen qui a voté pour lui. Quel député gavé et engraissé à coups de millions,(300.000 DA/mois sans compter les avantages périphériques faramineux), peut se rappeler des citoyens? Et cela donne donc nécessairement raison au philosophe Jean-Jacques Rousseau, qui écrit: «On peut dire qu'un gouvernement est parvenu à son dernier degré de corruption quant il n'a plus d'autre nerf que l'argent».
D'autres analystes soutiennent, quand à eux, que les représentants et les défenseurs des lobbies et de la mafia financière se sont introduits même dans les Assemblées élues. Aux APC, aux APW et aux deux chambres du Parlement, les sièges se négocient à coups de milliards et impliquent largement les «seigneurs» de l'argent. Même le citoyen lambda en est conscient. Donnant tout son poids à l'adage selon lequel l'argent est le «nerf de la guerre». Et pour paraphraser Guy de Maupassant: «Ah! Vous ne comprenez pas, vous autres, comme c'est amusant, les affaires. Le grand combat, aujourd'hui, c'est avec l'argent qu'on le livre.» Néanmoins, les questions qui se posent sont les suivantes: où trouvent-ils cet argent? Pourquoi dépensent-ils des sommes aussi colossales rien que pour accéder à l'APN? Qu'attendent en retour les précieux donateurs et sponsors? «Les rendez-vous électoraux impliquent des réseaux de tout acabit, où chacun essaie de placer son candidat», témoigne un opérateur économique, R. Salim, estimant que de telles pratiques se font y compris dans les pays occidentaux. «Payer sa campagne électorale avec des frais réservés à la soldatesque mobilisée à l'occasion, exige de l'argent. Cet argent vient des sponsorings officieux», souligne notre interlocuteur, ajoutant que cela se négocie au préalable entre les prétendants à la candidature et les bailleurs de fonds, constitués essentiellement de grands entrepreneurs, importateurs et opérateurs économiques ayant pignon sur rue dans le marché national.

Les dés sont entre les mains des lobbies

 

Ce contrat suggère par conséquent du candidat de servir son «maître» qui est son bailleur de fonds, mais pas le citoyen. C'est dire que les hommes politiques, aux poches pleines et aux mains «charitables», en Algérie, et ailleurs aussi, ne sont pas arrivés là où ils sont aujourd'hui, que grâce à leurs idées et à l'appui de leurs formations politiques. Cela eût été bien qu'il en soit ainsi, en fait. Peut-on se présenter aux élections législatives, prévues en mois de mai prochain? Non, car même si le candidat passe le barrage du plancher du nombre de signatures d'édiles, mais ne disposant pas de moyens financiers, ne parviendra pas à faire connaître ses idées et ses positions politiques auprès des électeurs. Les dés sont donc entre les mains des lobbies.
Ces témoignages reviennent en effet dans la bouche de bon nombre de personnes ayant des velléités de candidature aux élections. Néanmoins, faute d'argent personnel et d'une couverture financière conséquente, l'espoir de se voir figurer dans une liste électorale est très mince, pour ne pas dire illusoire. A ce sujet, nous avons appris que nombre de prétendants-candidats pour les prochaines législatives sont prêts à dépenser des centaines de millions de centimes pour devenir député ou sénateur! Qu'ils soient militants d'un parti politique ou candidats sur une liste indépendante, les deux catégories croient en effet, dur comme fer, au pouvoir de l'argent pour s'offrir un siège à l'Assemblée nationale (APN), voire au Sénat. «Même au sein des partis politiques, les listes ne sont pas établies selon la compétence d'un militant, mais surtout selon son influence financière et son introduction dans le monde de l'argent», indique un militant politique, précisant que cela explique d'ailleurs les immixtions qui se font à la veille de la publication des listes électorales. Pire, les «seigneurs» de l'argent exercent une influence sur les partis politiques, car ils participent au financement de la campagne électorale, d'où ils décident quant à l'établissement des listes de candidats et ce, selon leurs intérêts. Ce qui nous conduit à admettre, dans le fond et dans la forme, le constat d'Alexandre Dumas qui soutient: «L'argent est l'argent, quelles que soient les mains où il se trouve. C'est la seule puissance qu'on ne discute jamais.»

                             Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE

                     In l’expression du lundi 30 janvier 2012, page 3

 

 

 

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awdana 15/04/2012 20:39

kadafi a raison, des energumenes comme ce sbihi ne devraient pas pretendre representer grarem,ils peuvent voter, faire compagne et miser sur quelqu'un qui defend leur interet mais pas pretendre à
etre maire de grarem .

kaddafi 06/03/2012 16:46

القرارم ظاعت من ايدينا لما اصبح امثال الصبيحي في المجلس الشعبي البلدي

elarbi 28/02/2012 22:02

ARGENT SALE ET CRITÈRES DE CHOIX DES CANDIDATS
Ces pratiques qui entachent les législatives
Le niveau d'instruction des candidats à la chambre basse n'est pas toujours brillant.
L'argent ou le culte de l'argent-roi risque d'avoir une influence prépondérante sur le déroulement et le résultat des législatives du 10 mai.
L'achat des voix et des consciences, le non-respect du mandat par des députés qui, une fois élus, prennent un billet sans retour, on en a déjà vu lors des précédentes législatures. Aux yeux des
citoyens, la députation est synonyme de privilèges et constitution de fortune.
D'ailleurs, «20% des élus de l'actuelle chambre basse sont des hommes d'affaires», croit savoir la secrétaire générale du PT. Cela est l'un des facteurs repoussoir qui fait que les électeurs
répugnent à se rendre dans les bureaux de vote.
Les positions monnayables sur les listes de candidatures sont un autre fait habituel, notamment lors des scrutins pour les législatives. De plus, l'inexistence de plafonnement des dépenses
électorales et surtout l'absence de contrôle de dons en espèces ou autres qui seront sûrement consentis aux différents candidats sont d'autres phénomènes qui vont marquer la campagne pour les
législatives. Pas seulement, puisque plusieurs partis parmi les formations microscopiques et partis-croupions n'hésitent pas à placer les gens peu qualifiés à la tête des listes législatives. Des
militants à faible niveau d'instruction s'obstinent à se placer en tête de liste, déplorent des universitaires et des responsables de partis politiques. Ce phénomène courant est perçu comme une
entrave à l'exercice politique et parlementaire.
Les professeurs universitaires voient dans ces pratiques «répréhensibles», «une manipulation de la pratique politique en la mettant à la merci des détenteurs d'argent, des analphabètes et des
convoiteurs de richesses». Ces partis sont, selon lui, «incapables de posséder des programmes incitatifs ni de stimuler l'adhésion des citoyens, ce qui les rend quasiment absents n'apparaissant que
lors d'échéances électorales avec pour souci premier d'appâter les fortunés en quête de candidature». L'avancée des analphabètes pour être en tête de liste de certains partis dénote la débâcle
politique de ces partis privés. Pour le secrétaire général du mouvement El-Islah, Akouchi Hamlaoui, l'acceptation par certains partis de candidats à faible niveau d'instruction pour les élections
législatives dénote «une volonté de consacrer la médiocrité au sein des institutions constitutionnelles de l'Etat».
Les partis doivent bannir ce comportement «condamnable et inacceptable», d'autant que l'APN a besoin de personnes intègres, instruites et jouissant de «bon sens», a-t-il dit.
En affirmant que lorsqu'il y a «alliance entre politique et argent, la corruption sévit», faisant allusion à ceux qui injectent de l'argent dans toute pratique politique en vue de «dénuer la
compétition électorale de toute intégrité». Ainsi, est-il constaté que plusieurs partis versent sans scrupule dans ces pratiques révolues. Leur agrément fait office de fonds de commerce qu'ils
mettent en avant tous les 5 ans et à chaque échéance électorale.
La propagation de ce phénomène, est «une pratique nuisible à la réputation des partis», commente-t-on au MSP, d'autant plus que la prochaine législature sera chargée d'examiner l'amendement de la
Constitution, clé de voûte des institutions de l'Etat.
Le député Tarek Mira a également qualifié d' «inacceptable» l'appel à candidatures lancé par certains partis aux «premiers venus» ajoutant que cela met à nu l'incapacité des responsables de ces
partis de jouer pleinement leur rôle sur la scène politique nationale.
Le secrétaire général du mouvement En Nahdha Fateh Rebaï a, de son côté, affirmé que les candidats à la chambre basse, dont le niveau d'instruction est limité, «nuisent» non seulement à l'action
politique dans le pays mais également aux institutions de l'Etat. Aucun critère n'est appliqué dans l'élaboration des listes de candidature de certains partis dont les programmes sont inconsistants
et la base militante faible.
Leur seul souci étant «le parachèvement des listes». Quant au phénomène consistant à payer de fortes sommes pour gagner une place en tête des listes de candidatures M. Rebiaï l'a qualifié de
«dysfonctionnement volontaire». De telles attitudes, a-t-il affirmé, «suffisent pour le retrait d'agrément» à ces partis qui réduisent l'action politique à une «transaction financière».

Par Mohamed BOUFATAH
In L’EXPRESSION du dimanche 26/02/2012, p 2