GRAREM 1er RAMADAN 1432: CHORBA FRIK, C'EST CHIC!

Publié le par El Hiya

Voici que le premier de ce mois d’août caniculaire, de l’an grégorien 2011, correspond au 1er ramadan de l’an 1432 de l’hégire. On jeune de 04 heure du matin à 19h 45 le soir. Mais malgré tout, ici à Grarem, comme partout ailleurs en Algérie, ce mois sacré jouit d’une haute considération. Il est imprégné de signification particulière du plaisir, du bonheur et de spiritualité. Durant ce mois aussi, les gens donnent une importance particulière aux plaisirs gastronomiques afin d’avoir les calories nécessaires pour affronter le jeûne du jour. Les femmes redoublent d’ingéniosité pour préparer les mets les plus succulents qui soient, la recherche de recettes devient leur passe-temps préféré. La télévision par satellite et internet leur ont ouvert des champs immenses. Mais les plats traditionnels restent indétrônables pour donner un cachet d’antan au ramadan. Qu’est-ce qui peut remplacer une bonne chorba frik, du bourek, une bonne zalabia. La seule fausse note reste toujours l’inévitable hausse des prix durant ce mois. L’état a beau donné à chaque fois des promesses pour réguler le marché et éviter de telles augmentations, à la fin ceux sont les spéculateurs de tout bord qui ont le dernier mot. Les producteurs accusent les mandataires, ces derniers rejettent tout sur les détaillants et le consommateur trinque au final.

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Nahoul 06/02/2012 20:42

Virée à travers Ramadhan 1432 : Méditation
Enfin mes amis, enfin nous y arrivons doucement, mais sûrement : la première semaine du Ramadhan est clôturée ; courage mes amis, la fin est proche.

Effectivement, c’est vrai, il fait chaud, il fait humide, les gens sont nerveux, nous sommes à deux doigts de l’explosion du cortex cervical, mais ça va, on tient le coup, il le faut ! N’avez-vous
pas l’impression que nous sommes en apnée pendant la journée ? Tenez-vous bien, pour votre information, nous sommes en train de jeûner pendant 16 heures !
Rendez-vous compte ! 16 heures durant lesquelles nous ne pensons qu’à notre devoir de bon musulman, chaque heure étant plus difficile l’une que l’autre et OUALLAH, je les sens minute après minute,
ya oun’goulkoum hak rabi lââziz que certaines personnes que je rencontre dans la rue me semblent être absentes, le corps est là, mais l’esprit s’est détaché !

C’est impressionnant comme nous, les Algériens, avons réussi, sans y être formés, à développer la méditation ! Que cela soit dans les marchés ou dans les superettes, chez soi ou dans la rue, je ne
sais pas si vous avez la même sensation que
moi : nous sommes absents de tout et de n’importe quoi. Bref, tout simplement notre esprit ne fonctionne qu’à 5% de ses capacités.
Exemple : vos enfants vous appellent ? «Ma ranich h’na, je ne suis pas là !». Vous êtes cadre dans une entreprise et on vous demande, vous répondez : «Je suis en réunion, je suis occupé ya nass,
mais ce n’est pas possible, faut laisser les gens travailler», et là, comme par enchantement, votre voix commence à augmenter de volume comme lors du concert de charité donné par le célèbre ténor
Luciano Pavarotti en faveur de la lutte contre la faim (en plein Ramadhan, ça tombe bien). Bref, vous voulez être seul, tout simplement, vous ne supportez plus personne, mais d’un autre côté, c’est
pas grave, personne ne vous supporte non plus.

Très sincèrement, vous savez la chose qui me stupéfait ces temps-ci, c’est notre administration, et là mes amis c’est tout simplement IN-CRO-YA-BLE, je vous jure qu’ils sont plus nerveux que nous
autres réunis, du coup on a peur d’appeler désormais. Pour exemple, je vais essayer d’être le plus clair possible en tentant de transcrire un dialogue téléphonique entre un client et une dame agent
d’accueil :
Le client : «Allô Massa el khir madame»
L’agent d’accueil : «M’ssekhir m’ssieur, oui khouya !»
Le client : «Voilà khti, on m’a coupé la ligne de téléphone et donc, jen’ai plus ni le téléphone ni internet !»
L’agent d’accueil : «Vous êtes signalé
monsieur ?»
Le client : «J’ai pas compris madame, ma sma’tch»
L’agent d’accueil : «Signalit rouhek m’ssieur ? Vous êtes allé voir le centre Actel ?»
Le client : «Mais madame, roht chafthoum, mais makayen ouallou»
L’agent d’accueil : «M’ssieur mada bik parle doucement d’abord et ensuite tu vas a Actel pour le signalement»
Le client : «Ya khti naâli el chitan, ça fait trois mois que je demande une intervention sur site ya personne, vous trouvez ça normal ?»
L’agent d’accueil : «N’ta ma rakch normal monsieur, rana ramdan mathabelnach bezzaf, tout le monde est en vacances, on est en manque de personnel khouya ALLAH GHALEB»
Le client : «Madame, yaâtik el saha»
L’agent d’accueil : «De rien monsieur, saha f’tourek ! Tu t’inquiètes pas monsieur, ils vont venir Incha’ALLAH»
Le client : «Madame, c’est ce Incha’ALLAH qui m’inquiète chez vous !»
L’agent d’accueil : elle raccroche au nez

Vous remarquerez la détresse du client et les réponses pertinentes de l’agent d’accueil, savez-vous pourquoi cela me fait rire ? Parce que ce client c’était moi et qu’il y en a d’autres qui sont
dans la même situation que moi, mais bon, je vais attendre la fin du mois sacré, mois de la piété et de l’exaltation pour y retourner et peut-être retrouver enfin le chemin de la normalité
téléphonique ainsi que celle de la connexion à un monde virtuellement et largement vivable.
Tonton Hakim qui a juré de vivre sans téléphone ni Internet à partir d’aujourd’hui tout en sachant que demain il retourne voir ses copains d’Actel, promis !

Tonton Hakim
Paru dans El Watan du 15 août 2011

Nahoul 06/02/2012 20:34

Balade à travers le ramadhan 1432: Un sacré mois!
A la veille du mois de Ramadhan, je me suis trituré l’esprit sur le thème à insérer dans ces colonnes. Mon esprit a bouillonné comme une chorba beïda sur le feu, et puis à 2h du matin (m’étant
réveillé à cause de mon voisin de palier qui a eu la bonne idée de hurler sur son épouse qui, selon toute vraisemblance, n’était pas d’accord avec lui sur le choix des plats pendant le Ramadhan),
j’ai eu la révélation : je vais écrire sur le mois sacré, mois de la piété et de l’exaltation !

Mes amis, le mois de Ramadhan en Algérie est un mois certes sacré en soi pour les musulmans que nous sommes, mais aussi un mois durant lequel nous avons deux choix qui sont comme suit :
1. Soit on se cloître à la maison directement sous la climatisation à 16° en regardant la télévision avec les yeux révulsés, prenant toutes les mesures de sécurité nécessaires vis-à-vis de la
télévision française, surtout pendant les coupures de pub dans lesquelles on peut voir des hamburgers avec une viande bien saignante sur laquelle on trouve une délicieuse sauce échalote sur un lit
de fromage avec quelques rondelles d’oignons, sinon le must, voir une famille se régaler avec une pizza orientale aux délices de l’Orient, composée d’une sauce tomate, champignons frais et double
merguez, bref la pizza explosive alias la pizza dite «la pizza taglarrr», car avec un peu de h’rissa elle vous fait sauter la mâchoire.

2. Soit on sort de la maison aux aurores, vers 5h 45 du matin, les yeux hagards en confondant sa voiture avec celle du voisin pour ensuite rouler jusqu’au bureau avec l’impression de voir des
formes traverser la route et qu’on se dise : «Je peux le faire, je suis fort» et enfin arriver au bureau, sortir de sa voiture en la laissant ouverte croyant que nous sommes en Suisse, et enfin
ouvrir la porte de son bureau, allumer la clim pour commencer une journée durant laquelle vos cordes vocales vont jouer sur un air d’opéra à la Pavarotti, parce qu’on croit que nos collaborateurs
sont les acteurs d’un complot judéo maçonnique destiné à faire échouer toutes vos tentatives d’évolution pour qu’en fin de journée, c’est-à-dire 10 mn avant le Adhan, tenter de faire un remake de
Fast and furious, avec vous dans le rôle de Vin Diesel dans une Zastava 1975, jantes alliages, V12, 2L, 16 soupapes, turbo, non climatisée, dotée d’une sono de 3500 watts sur chaque portière, sur
le chemin du retour à la maison. Dans les deux cas de figure, 30 jours de recueillement nous attendent, 30 jours durant lesquels les zlabiya, qalb ellouz (en anglais ça donne bien) et autres
gourmandises vont connaître le plus grand génocide que l’humanité ait eu à subir ; les pâtissiers vont recruter en masse des agents de sécurité type Chuck NORRISSSSS (c’est comme ça que ça s’écrit
sur les murs de mon bâtiment), les boulangers vont s’habiller en armure comme celles des chevaliers du zodiaque. Mais vous ne savez pas qui va devoir recruter «Grandaïzer» (Goldorak pour les
intimes) c’est les bouchers. Eh oui mes amis, les bouchers vont subir ce que les psychologues appellent dans leur jargon à eux : le syndrome maniaco-dépressif. Pour info, ce syndrome se définit
comme suit : une personne maniaco-dépressive va donc présenter des épisodes de dépression alternant avec des épisodes d’euphorie exagérée.

Les épisodes dépressifs sont marqués par des symptômes que l’on retrouve dans les autres formes de dépression : tristesse extrême et permanente, perte d’intérêt pour toutes choses, irritabilité,
troubles du sommeil, manque d’énergie, troubles de la mémoire ou de la concentration, troubles de l’appétit, pensées de mort et de suicide… Eh oui mes amis, partant du principe que les bouchers
valent mieux, pendant le Ramadhan, que les bijoutiers pour les femmes et les vendeurs de sandwiches frites omelettes, viande hachée (plat national) pour les hommes ; ils vont subir une pression
tellement importante que certains d’entre eux ont tout simplement décidé de ne pas ouvrir pendant cette période jugée trop dangereuse pour leur santé mentale, d’autres par contre pensant qu’ils
vont faire l’affaire de leur vie lors de ce mois sacré ont déposé leur famille chez leurs parents afin de pouvoir répondre aux cinq types de menaces communément admises par les légalistes comme
suit :
1. Les agressions symboliques manifestées par de la colère, le claquement violent d’une porte, le fait de mimer ou de donner un coup de poing dans le vide, etc ;
2. les agressions verbales telles que les cris, les répliques cinglantes, les insultes, etc ;
3. les agressions psychologiques du type menaces verbales laissant craindre toutes sortes de violences physiques, intimidations, etc ;
4. les agressions physiques supposant des attaques, le début d’une bagarre, etc ;
5. les agressions physiques et matérielles que constituent en sus les coups portés sur une ou plusieurs personnes, la destruction des biens de soi-même ou d’autrui tel le vandalisme sur la
propriété privée ou publique.
Bref, les bouchers ne se sentiront pas en sécurité à mon sens !!!! Tout ça pour dire que l’ambiance du Ramadhan, pour nous autres Algériens, est impossible à recréer ailleurs que dans notre beau et
grand pays. Sérieusement, où pourrait-on voir deux personnes enchaîner insultes sur insultes, «dâawi el char», et ensuite se demander mutuellement pardon, tout ça parce qu’ils pratiquent le jeûne ?
Nulle part ailleurs qu’en Algérie !!! C’est nous, c’est tawaâna, h’na fi h’na, maâdnach ou ma
khossnach !!!! Rabi kheïr !!!!

En conclusion mes amis, tonton Hakim dit Marh’ba bi sayidina Ramadhan et vous souhaite un superbe mois avec que du bonheur.


Tonton Hakim
paru dans El Watan du 03 août 2011