L'ENVERS DU DECOR A GRAREM

Publié le par el hiya

Est ce qu’il est révolu le temps où Grarem était classé parmi les villages les plus sales de la région ? On y trouvait au moins une décharge sauvage par quartier, si ce n’est plus. Ces décharges étaient le lieu de rencontre par excellence pour les voisines d’un même quartier pour un brin de causette et le colportage des derniers ragots. Hormis le centre, le reste du village était sans viabilisation aucune et les habitations, parfois précaires, ne comportaient aucune commodité digne de ce nom. Ajoutées à cela, des clôtures de fortune érigées par tout un chacun n’importe comment à l’aide de matériaux hétéroclites, pour ne laisser que le minimum de passage. Grarem était alors réputé pour ses brochettes, mais pour faire des brochettes les gargotiers jetaient les os un peu n’importe où. Et c’est des nuées de chiens errants qui circulaient parmi les passants. Une autre caractéristique propre à Grarem, heureusement disparue, c’était la présence continuelle de baudets juste aux portes du village tout au long de l’année. Et les portes du village c’était Lemhafer au niveau du marché couvert actuel et l’ancien marché hebdomadaire, à la place du CEM Beleghrib. Au niveau de la poste actuelle se trouvait un terrain vague avec des arbres d’eucalyptus sous lesquels étaient parqués les mulets, les jeudi, jours de marché, et où exerçait d’ailleurs un maréchal ferrant. L’eau était rare à Grarem, à tel point que les jours de marché il y’avaient des gamins qui la vendaient à force de cris, devenus célèbre : « HAOU  L’MA BARED A 3ATCHANE ». En ce temps là, c'est-à-dire juste après l’indépendance, c’est comme si le temps avait suspendu son vol, comme dirait le poète, les grarémiens se complaisaient dans une attitude de béate léthargie. Les problèmes de propreté ou d’environnement étaient les moindres de leurs soucis. Cette époque post-indépendance a été quand même marquée par une initiative louable de l’état, c’est le reboisement du mont de Tadrar et des berges de Oued Mila au niveau du lieu dit El Medious. Cette opération unique en son genre à ce jour, a été menée sous l’égide de la direction de la restauration des sols (DRS), services des forets de l’époque et dont le chef de projet était allemand m’a-t-on raconté, et réalisée par une main d’œuvre payée à l’aide de farine et d’huile de table. Et ça a réussi, si ce n’est quelques incendies ravageurs qui ont défiguré, quelques années plus tard cet embryon de forêt. Vint ensuite le temps des plans communaux et sectoriels de développement, qui a vu Grarem bénéficier de plusieurs projets structurants qui lui ont donné le visage actuel. Avec la croissance démographique et le phénomène de l’exode rural, la quantité de déchets ménagers est devenue de plus en plus importante, d’où la nécessité de création d’une décharge publique. Chose qui n’a pas été facile. Après moult discussions et tergiversations (il fallait concilier entre la sauvegarde du bassin versant du barrage et des terrains à haute valeur agricole), le choix s’est enfin porté sur un endroit au nord de la ville, sur la route menant vers El Batha et Bir Sbaa. Quelques petites enveloppes ont été allouées au projet de réalisation de la décharge, nettement insuffisantes pour en faire une décharge contrôlée normalisée. Il y’a eu d’abord une participation de la commune et ensuite une autre de la part de l’agence nationale des barrages (ANB), qui est partie prenante dans la protection du barrage de Beni Haroun. Mais vu l’état actuel de cette décharge, on peut dire que Grarem n’est pas encore sorti de l’auberge en matière d’environnement. Des points noirs persistent encore. Exemple, au niveau du marché couvert, au cœur de la ville, ces petites baraques, sans aucun charme, construites et abandonnées, se trouvent dans un état de saleté incroyable. Heureusement qu’un projet de démolition vient d’être initié à leur encontre, pour en faire une placette aménagée. En attendant la concrétisation de ce projet, rêvons à une ville de Grarem où toutes les constructions seraient achevées, où les briques ne seront plus apparentes, les attentes de barres de fer plus visibles et que toutes les façades soient peintes. Mais là je crois qu’il ne faut pas exagérer, même pour rêver. ( Pour bien illustrer cet article, voir album photos "Grarem en long et en large":1) décharge publique, 20 photos - 2) proximité marché couvert insalubre, 20 photos).

    

 

 

 

 

Publié dans GENERALITES SUR GRAREM

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El Hiya 18/03/2008 20:56

Merci Rabah d'avoir donner la suite du cri des jeunes vendeurs d'eau au marché hebdomadaire de grarem, il y'a de cela plusieurs années. Je voulais l'écrire et à la derniére minute je me suis ravisé. j'aurais du le faire, c'est vrai, parce qu' à bien y penser, ce n'est pas pour rien qu'ils poursuivaient comme ça. C'est pour ne pas prêter à confusion et bien montrer aux gens que l'eau est payante et que ce n'est pas un acte de charité de leur part. Merci encore pour la visite. 
                    Mes salutations ya cheikh Rabah.

b_rabah 18/03/2008 17:54

merci elhya de nous avoir plongé dans l'epoque d'antan ou il faisait bon y vivre en depis de tout, en fait les vendeurs d'eau criaient: haw elma bard aatchane, di yalkah hami mayssallakch oumayssallakch oumayssalakch ... c'est juste pour restituer la plenitude des choses