Condoléances: TAG est parti

Publié le par el hiya

           C’est avec stupeur que nous avons appris hier matin, mercredi 04 mars 2009, le décès de Taaloub Abdelkrim dit Abdelwahab et que tout le monde connaît sous le surnom de TAG. L’enterrement a eu lieu aujourd’hui, jeudi 05 mars, à 11 heures au cimetière du lieu dit Legtar. Je regrette sincèrement ce collègue, très dynamique, du secteur du BTP qui a démarré sa longue et riche carrière au collège technique de Rédjas au début des années 60, a  fait l’institut de technologie du bâtiment de Kouba, travaillé d’abord au génie, en tant qu’auxiliaire civil, au niveau de la 5eme région militaire à Constantine et entré ensuite comme cadre technique avec la société nationale ECOTEC, toujours à Constantine. A la création en 1979 de l’entreprise publique communale des travaux (EPCT) à Grarem, il se retrouve, par le plus grand des hasards, nommé directeur de cette structure. Poste qu’il gardera jusqu’à la liquidation de cette entreprise à la fin des années 90. Avec un intermède cependant, avec l’avènement des APC FIS, où il a été remplacé au poste de directeur, tout en continuant à y travailler comme directeur technique. Il a vite repris son poste à partir de 1993. Ce cadre généreux, qui n’hésitait pas à faire du social, a eu à un certain moment à gérer un effectif de prés de 600 travailleurs et un chiffre d’affaire qui dépasse de loin les capacités théoriques d’une entreprise communale.

              En cette occasion douloureuse nous présentons à toute sa famille nos condoléances les plus sincères. Puisse Dieu lui accorder sa sainte miséricorde. 

                                          

Voici ci-dessous un article paru dans l’hebdomadaire éphémère « les nouvelles de l’est » N° 05 du 27 octobre au 2 novembre 1990.

GRAREM-GOUGA 

Pourquoi la liquidation de l’EPCT ?

Le lock-out est devenu la voie la plus courte pour liquider l’outil des travailleurs. Nos néo-managers ont-ils trouvé l’astuce pour se délester de tous les canards boiteux ? Même si la rigueur et l’efficacité sont aujourd’hui les maîtres-mots, il est permis quand même de douter qu’on ait épuisé tous les recours et que le diagnostic est sans appel.

L

  

a décision prise par l’APC (à majorité FIS) de dissoudre l’entreprise communale des travaux (EPCT) de Grarem-Gouga (Mila), n’a pas fini de faire des vagues.

   La décision de dissolution estime l’un des vice-présidents de l’APC, trouverait sa justification dans l’impasse à laquelle était parvenue l’entreprise. Ces explications sont loin de satisfaire les milieux politiques locaux, notamment la kasma FLN et la section communale du PAGS qui la condamnent énergiquement, en mettant d’une part en relief le danger qu’elle constitue pour les 358 travailleurs, et d’autre part la perte que représenterait le seul instrument de réalisation dont dispose la commune.

    De l’autre côté, les instances syndicales locales ont orienté les travailleurs vers l’inspection du travail, devant laquelle le problème aurait dû normalement être posé. L’union de wilaya UGTA s’est par ailleurs adressée au wali, pour relever le caractère illégal de cette décision et le fait qu’elle constitue un précèdent dangereux.

    Pour l’heure, l’entreprise est en « suspens » et ses projets sont à l’arrêt depuis que la décision communale a été connue. De ce fait, les travailleurs se sont retrouvés en situation de chômage, même si leur représentant syndical considère que « la relation de travail n’est pas rompue ». En effet les travailleurs n’ont reçu aucune notification officielle, ni perçu leurs indemnités de licenciement. D’autre part, les salaires des trois derniers mois n’ont pas été versés au personnel de l’entreprise.

    Cette opinion est partagée par les responsables de l’inspection du travail de la wilaya, qui précisent qu’en l’absence d’un arrêté du wali, l’entreprise n’est pas dissoute et que les travailleurs lui restent liés.

    Les quelques travailleurs rencontrés par le correspondant de l’APS, soulignent la situation « très difficile » dans laquelle vivent la plupart d’entre-eux, du fait de l’interruption de leur unique ressource de revenus. 

    Le président de l’APC a rencontré à deux reprises les travailleurs en vue de leur faire admettre les motivations de la décision de dissolution et les assurer de la volonté de l’APC de préserver leurs droits, proposant à certains d’entre-eux, (ceux qui résident à Grarem-Gouga) la possibilité d’être versée dans la future régie communale des travaux dont la création est envisagée. Pour sa part, le comité technique de liquidation s’est réuni le 17 octobre dernier au siège de l’APC sous la présidence d’un membre de l’APC. Ce dernier a déclaré à l’APS que « ceux qui dénoncent la décision de dissolution sont ceux-là mêmes qui ont conduit l’entreprise à la faillite. Que celui qui a une autre alternative n’a qu’à la poser ».

   Comme on le constate, les positions de l’APC d’un côté et celles des travailleurs de l’autre sont très éloignées. Mais, en fait, l’entreprise est-elle réellement en état de faillite et sa dissolution est-elle la seule solution ?

    M. Taaloub, le directeur de l’entreprise depuis sa création en 1978, déclare : «  le déficit réel de l’entreprise s’élève à 3,3 milliards de centimes. Il est constitué par des créances de fonctionnement dues aux banques, à la sécurité sociale, aux impôts et à certains fournisseurs de matériaux de construction ». Ce déficit est dû principalement à l’augmentation du nombre des travailleurs et à l’élévation des charges salariales qui en découlent (128 millions de centimes pour 358 travailleurs), aux effets négatifs des difficultés d’approvisionnement en matériaux de construction, l’absence de pièces détachées, l’insuffisance de l’entretien etc…

    Faut-il rappeler que l’entreprise avait, dés les premières années de son existence, réalisé un plan de charge important, atteignant pour la seule année 1982, 9 milliards de centimes. Elle avait pu, à l’époque, se doter d’un important matériel évalué à 1.8 milliard. Ce matériel avait été acquis sur les ressources d’exploitation de l’entreprise qui n’avait pas eu à recourir à des crédits d’investissement. L’entreprise avait même exploité avec profit une carrière.

    Cette brillante situation a commencé à se détériorer à la suite de nombreuses injonctions, obligeant l’entreprise à prendre en charge la réalisation de projets difficiles et à faible enveloppe financière, rejetés par les entrepreneurs privés. Cette méthode a conduit au déficit qui s’est aggravé d’année en année, en l’absence d’une volonté réelle d’arrêter le dépérissement de l’entreprise. Aucun des plans de relance envisagés depuis 1987, n’a été exécuté. Il a fallu la grève des travailleurs, début 1990, pour que les différentes parties concernées dressent un plan en vingt et un points, prévoyant un ensemble de mesures à même d’améliorer la situation de l’entreprise : prise en charge de nouveaux projets, libération des travailleurs atteint par l’âge de la retraite, dotation en quotas plus importants en matériaux de construction etc… Hélas, ce plan connaîtra le sort de ceux qui l’ont précédé et les seules mesures exécutées seront celles entrant dans les prérogatives de l’entreprise.

   « A l’arrivée de la nouvelle assemblée, déclare le directeur de l’entreprise, nous avons pris des initiatives et fait des propositions en vue d’assainir la situation. Mais au moment où les travailleurs de l’entreprise attendaient un soutien, voila que la décision de dissolution leur tombe sur la tête ». Pour le directeur de l’entreprise autant que pour le délégué syndical la décision de dissolution «  n’est pas légale parce que la procédure réglementaire n’a pas été respectée et la relation de travail existe toujours ».

    Les travailleurs, qui étaient eux-mêmes divisés par la décision communale semblent maintenant d’accord pour demander leur droit. L’APC envisage de revendre le matériel de l’entreprise pour faire face aux arriérés de salaires.

     D’ailleurs, beaucoup sont convaincus, ici à Grarem-Gouga, que cette histoire de matériel est la vraie raison de la dissolution de l’entreprise. Et quand bien même ce matériel serait vendu, il est évident qu’il ne peut suffire à éponger toutes les dettes de l’entreprise. Qui réglera tous les créanciers ? Et que deviendront les travailleurs ? La question reste posée. En attendant, le conflit sur le destin d’une entreprise de réalisation est devenu un enjeu de politique local.

                                                    AS

   

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Chérif 17/03/2009 21:22

Bonsoir Tonton ! je te remercie infiniment pour le lien que tu as ajouté au commentaire , j' ai regardé ce sketch plusieurs fois , ça nous fait rappeller le début des années quatre vingt , c'est un vrai rigolo ce Raynaud.

El Hiya 16/03/2009 22:41

Salut tonton Chérif,
Excuses-moi, mais malgré mes diverses tentatives, je n’ai pas pu mettre les 2 photos que tu m’as envoyé sur le blog. La plate-forme dzblog n’accepte plus les images, je ne sais pas pourquoi. Pourtant avant c’était très facile de le faire. Je continue malgré tout à faire des tentatives. Ne t’en fais pas je vais y arriver d’une façon ou d’une autre.
Voici maintenant un lien tonton que tu pourras suivre pour écouter un sketch.

chérif 12/03/2009 22:04

Bonjour El Hiya ! où es tu Tonton , pourquoi  tu ne tousses plus ?

Agouni Bilal 12/03/2009 12:23

C'est avec beaucoup de stupeur que j'ai appris cette nouvelle. J'ai connu Ammi Abdelkerim de pres, et je peux dire que c'etait quelqu'un d'extremement simple et genereux. Je suis reellement attriste de le voir partir si jeune. Inna LliAllah wa inna ilayhi rajioune. Que Dieu le tout-puissant lui accorde sa mesiricorde.
Mes pensees de sympathie et de soutien vont specialement a son epouse et ses enfants, a toute la famille Taloub, ainsi qu'un a tous ses amis et ceux qui l'aiment (et Dieu sait qu'il y en a). Pensez aux douas pour lui et pour tous les morts des musulmans.
Tres cordialement,
Bilal AGOUNI

el hiya 09/03/2009 10:43

Ma connexion Easy Adsl est out depuis vendredi soir, c'est pourquoi je n'ai pas pu mettre les photos envoyées par Cherif sur le blog. Pour envoyer ce commentaire j'ai été obligé de le faire à partir d'un cyber situé rue Boukharouba (prés douches Nemoul). Même là la connexion est trés lente. Et comme je ne me sentais pas à l'aise parmi les adolescents, je me suis enfui vite fait. Je vous souhaite de passer un bon Mouloud ennabaoui Echarif.