Selon que l’on soit piéton ou conducteur de véhicule, on apprécie différemment la véritable invasion des dos d’âne qui ont déferlé sur Grarem, depuis quelque temps. Etant tour à tour l’un et l’autre, je me trouve quant à moi assez partagé sur la question. A voir l’allure avec laquelle certains de nos concitoyens, surtout les jeunes, roulent dans les rues, sans aucune considération pour les gens et sans respect pour le code de la route et les règles élémentaires de bonne conduite, je me dis que c’est la seule solution pour inciter ces chauffards à plus de retenue. Mais en conduisant moi-même, je me prends parfois à pester contre ces obstacles qui forment un véritable parcours du combattant qu’il faut franchir avec mille précautions. D’autant plus qu’ils sont implantés n’importe où et se déclinent sous toutes les formes, allant à contre-courant des textes réglementaires, régissant ce type d’ouvrages, qui définissent les modalités de leur création, leur forme et le choix de l’endroit où les implanter. Or de tout cela personne n’en a cure, les autorités locales semblent être entrées en guerre ouverte contre les chauffards, et à la guerre comme à la guerre, on ne se préoccupe pas outre mesure de ces détails. Mettons-en partout et on verra bien ensuite, semble se dire les autorités locales. Ainsi aucune rue n’en réchappe, vous ne ferez pas plus de 100 mètres sans trouver de ces ralentisseurs qui ne répondent à aucune norme, ne sont pas signalés et sont implantés au gré des réclamations des riverains. L’ironie du sort c’est que cette situation n’est apparue qu’après la concrétisation des différents programmes d’amélioration urbaine, entamés depuis 2004, et qui ont métamorphosé, dans le bon sens, le visage de Grarem. Ainsi on a appris à rouler sur du tapis d’enrobé dans tous les quartiers. Oubliées les pistes et les rues crevassées dont se composait le village il n’ y a pas si longtemps. Alors forcement on a tendance à appuyer sur le champignon. Les mêmes causes engendrant les mêmes effets, forcement c’est la quadrature du cercle. Ainsi on se retrouve avec ces encombrants ralentisseurs, communément appelés dos d’âne, dont on a du mal à se débarrasser. Espérons que le civisme finira par l’emporter et qu’on n’aura plus besoin de ces solutions extrêmes pour pouvoir vivre ensemble. Ce n’est pas interdit de rêver.
Notes :
Voici les textes en vigueur qui se rapportent aux ralentisseurs.
1) Décret exécutif n°04-381 du 15 Chaoual 1425 correspondant au 28 novembre 2004 fixant les règles de la circulation routière.
2) Décret exécutif n° 04-392 du 18 Chaoual 1425 correspondant au 1er décembre 2004 relatif à la permission de voirie.
3) Décret exécutif n°05-499 du 27 Dhou El Kaada 1426 correspondant au 29 décembre 2005 définissant l’usage des ralentisseurs et les conditions de leur mise en place ainsi que les lieux de leur implantation..
4) Arrêté du 10 Rabie El Aouel 1427 correspondant au 9 avril 2006 définissant la nature, la forme, les dimensions et les prescriptions techniques des ralentisseurs.
5) Arrêté interministériel du 25 Joumada El Oula 1428 correspondant au 10 juin 2007 définissant les modalités d’initiation, d’élaboration et d’adoption des études de localisation et d’implantation des ralentisseurs.

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